Le parcours d’un champ de bataille comme l’Hilsenfirst ne peut qu’aiguiser après coup la curiosité des deux experts – Jean-Bernard (JB) Laplagne et Eric Mansuy – qui m’y ont accompagné le 10 juillet 2020 dernier (voir le premier volet de cette exploration ici). A côté de longues discussions sur la localisation du camp Manhès avec JB, Eric s’est attelé à une étude approfondie du volet sanitaire de la bataille à travers le service de santé de la 66e DI, que j’ai proposé de publier sur ce blog. Un plongeon rigoureux dans les dispositifs quasi industriels mis en place pour « traiter » l’énorme flux des blessés que cette guerre produit à chaque offensive, l’expérience du combattant blessé qui se retrouve évacué et la mobilisation du service de santé pour y faire face. 

Bonne lecture …


6 juin 1915 : le médecin divisionnaire de la 66e DI, informé que 10.000 hommes vont bientôt être engagés de la vallée de la Fecht à la vallée de la Lauch, reçoit pour instruction d’adapter le service de santé de sa division aux évacuations à venir. Une semaine plus tard, une offensive de grande ampleur est déclenchée de part et d’autre de Metzeral, à laquelle participent les 47e et 66e DI. Cette dernière va combattre sur ce qui deviendra le champ de bataille le plus élevé de France, et paiera un lourd tribut sur les pentes et sommets du Langenfeldkopf et de l’Hilsenfirst, du Wüstenrunz, du Bois en Brosse, des Epaulettes… Si ces combats ont été livrés dans des conditions climatiques – au regard de l’amplitude thermique – et topographiques redoutables, ils ont également engendré, pour les blessés, des conditions d’évacuation d’une difficulté et d’une complexité particulières, sur lesquelles nous allons nous pencher.

Le dispositif sanitaire initial

Au moment où cette offensive est annoncée, l’articulation des organes de recueil et d’évacuation à l’arrière de la zone concernée émane d’une organisation récente dont l’origine date d’avril 1915, à l’occasion des combats livrés autour du Schnepfenried, et dont le site de Breitfirst devient le pivot. En juin, les évacuations des blessés de l’offensive sur Metzeral doivent être effectuées sur les trois lignes suivantes :

  • de Mittlach via Hüss vers Krüth ;
  • de Widebach via Breitfirst et le Treh vers Krüth ;
  • d’Oberlauchen via le Markstein vers Ranspach.

Si les autos sanitaires peuvent pousser jusqu’au Treh, les blessés capables de marcher, en provenance d’Oberlauchen, doivent se diriger, par petits groupes, vers le Markstein et Ranspach.

JMO du Service de Santé de la 66e DI (SHD 26 N 388)

C’est ce dernier itinéraire que doivent originellement emprunter les blessés du front LangenfeldkopfHilsenfirst, au vu du contenu des observations du médecin principal de 1re classe Bertin Capus, en date du 15 juin 1915, une situation appelée à évoluer, comme nous allons le voir dans le détail.

Les effectifs sanitaires sur place

A la date du 15 juin, les effectifs sur place sont les suivants :

  • à Oberlauchen : avec le médecin aide-major de 1re classe Maxime Druhen, le médecin aide-major de 2e classe Mathieu Pfulb et les médecins auxiliaires Bruvard et Pierre Sécardin, 5 sergents, 9 caporaux, 88 soldats, 34 hommes du train ;
  • à Ranspach : avec le médecin aide-major de 1re classe Joly, le médecin aide-major de 1re classe Jean Nicolaïdi et le médecin aide-major de 2e classe Thiault, 1 sergent et 20 infirmiers.

Les transports sanitaires

A compter du 18 juin, les blessés d’Oberlauchen peuvent atteindre le Treh en autos sanitaires. Il s’avère en outre que le poste de triage de Ranspach ne remplit pas sa fonction en raison du mauvais état de la route le reliant à Oberlauchen, et de son absence de défilement aux vues de l’ennemi. Du Treh, où officie le médecin aide-major de 2e classe Marcel Zaepffel, les blessés sont transportés en autos sanitaires ou en omnibus vers Krüth, et possiblement de Krüth vers Bussang, Wesserling ou Moosch.

A Krüth, l’Ambulance Alsacienne a d’abord pour vocation de recevoir les grands blessés intransportables, qui vont en fait rapidement être dirigés sur l’Hôtel des Sources, siège de l’ambulance 5/63, à Bussang. A Wesserling peuvent être traités des blessés légers ; à Moosch, où se trouve l’ambulance 3/58, sont accueillis des blessés très graves à y opérer.

SHD 24 N 1632 (66e DI, juin 1915)

Les effectifs sanitaires affectés à l’évacuation

Entre le 15 et le 21 juin, les effectifs sur cet itinéraire sont les suivants :

  • à Oberlauchen, poste de recueil du GBD 66 : le médecin aide-major de 1re classe Maxime Druhen, le médecin aide-major de 2e classe Mathieu Pfulb et les médecins auxiliaires Bruvard et Pierre Sécardin, 5 sergents, 9 caporaux, 90 soldats, en attente de 31 hommes (dont un médecin auxiliaire) en renfort ;
  • à Breitfirst, relai du Groupement des Brancardiers Divisionnaires (GBD) 66  : le médecin aide-major de 2e classe Blanc, le médecin auxiliaire Rida, 14 brancardiers, 37 hommes (dont un médecin aide-major) de l’ambulance alpine 2/64 et de l’ambulance 2/58 ;
  • au Treh, relai et poste de triage : le médecin aide-major de 1re classe Charropin, le médecin aide-major de 2e classe Marcel Zaepffel, 1 caporal et 5 infirmiers ;
  • au Markstein, poste de secours pour petits blessés : un officier d’administration de 3e classe, 2 infirmiers ;
  • à Ranspach : le médecin aide-major de 1re classe Joly, le médecin aide-major de 1re classe Jean Nicolaïdi, le médecin aide-major de 2e classe Tribes, le médecin aide-major de 2e classe Hurtaud, 10 infirmiers ;
  • à Krüth, ambulance alpine 1/74 : 4 médecins de l’ambulance 5/58 (de Cornimont), 20 infirmiers ; Ambulance Alsacienne : le médecin major de 1re classe Courvoisier, le médecin aide-major de 2e classe Massabuau ; l’infirmière-major de Loÿs-Chandieu, Marguerite Cornet-Auquier (soeur du capitaine André Cornet-Auquier), madame Thieuriet, madame de Lesseps, madame Favre, mademoiselle Engel, mademoiselle Mieg, 23 infirmiers.
Marguerite Cornet-Auquier avec son frère, le futur capitaine André Cornet-Auquier du 133e RI

Les capacités d’accueil

Ces éléments posés, voyons à présent quels ont été les moyens affectés à ces divers sites.

A proximité immédiate du champ de bataille se trouvent les postes de secours des bataillons et régiments engagés, étagés dans le Klinzrunz.

A Oberlauchen peuvent être abrités 18 blessés sous une tente Tortoise au plancher de sapin et contenant des bas-flans paillés. 35 blessés peuvent être abrités dans une baraque en sapin. Les grands blessés y sont brancardés, les blessés moyens arrivent en cacolets et les blessés légers, à pied.

A Breitfirst sont installées une grande baraque et des tentes pouvant accueillir 120 blessés.

Au Treh se trouvent une tente Tortoise et un poste de réconfort (dans lequel des boissons peuvent être servies), d’une capacité d’accueil de 40 blessés.

Au Markstein, un baraquement accolé à une ferme peut accueillir 20 blessés.

A Krüth, l’ambulance alpine 1/74, ayant une fonction de triage, se trouve dans un tissage. Sa grande salle est divisée en deux parties, l’une pour les malades et blessés légers, l’autre pour les malades et blessés graves. Depuis mai, elle ne dirige plus ses évacués vers Moosch mais vers Bussang. Se trouve également à Krüth l’Ambulance Alsacienne, établie sous tente.

A Ranspach, le rez-de-chaussée de l’école comprend une salle d’attente pouvant accueillir 40 blessés, une salle d’opérations, une salle de pansement.

A Bussang, l’Hôtel des Sources dispose de 180 lits.

Les blessés de la bataille

Un rapport sur les évacuations de la 66e DI dans les combats de la vallée de la Fecht permet de prendre connaissance du nombre des blessés évacués passés par Oberlauchen en provenance du front LangenfeldkopfHilsenfirst :

14 juin : 169
15 juin : 139
16 juin : 80
17 juin : 84
18 juin : 233
19 juin : 45
20 juin : 78
21 juin : 108
22 juin : 28
23 juin : 15
24 juin : 12
25 juin : 48
Total : 1.039

Les évacuations

Les « pics » des évacuations par Oberlauchen sont le pendant de celles effectuées via Platzerwasel, où transitent les blessés de la cote 955, le nombre d’évacués y étant le plus important, sur les deux sites, les 14 et 15 juin, le 18 juin, le 21 juin.

Au final, le nombre des évacués passés par Oberlauchen et Platzerwasel est de 2.221 ; 95 sont descendus à Ranspach, 2.126 sont passés par le Treh et Krüth, ce qui permet d’obtenir un aperçu du volume de blessés pouvant marcher (partant vers Ranspach) et de ceux ne le pouvant pas, à l’exception des « erreurs d’aiguillage » qui ne manquent jamais de se produire devant le flux des arrivées de blessés à évacuer. Au lendemain de la bataille, les constatations faites au niveau de la direction du service de santé de la 66e DI permettent de juger du fonctionnement, du rendement, et de l’efficacité de ces diverses structures.

A Oberlauchen, le poste du GBD 66, adossé à la pente et parfaitement défilé, disposait d’une double artère permettant la circulation aller et retour des évacuations, les blessés y arrivant « à bras », brancardés ou sur cacolets, et partant vers le Treh sur des voitures attelées. Entre le 14 et le 21 juin, le 7e BCA a dirigé 280 blessés vers ce poste. Les 213e RI et 5e BCP font l’objet d’une vive critique : leurs blessés arrivent à Oberlauchen sans fiche, et non pansés.

 Au Treh, les évacuations ont été effectuées dans de très bonnes conditions de rapidité et de confort. Au début de l’offensive, les effectifs y étaient cependant insuffisants.

A Ranspach, où seuls les 58 blessés en provenance du Markstein sont arrivés entre le 14 et le 19 juin, le personnel se révèle bien trop important numériquement, et aurait gagné à être employé au Treh.

A Krüth, l’ambulance alpine 1/74, déjà signalée comme bien installée et bien tenue dès le 4 juin, ayant une fonction de triage, devait évacuer sur Bussang, les blessés graves vers l’Hôtel des Sources, et les blessés légers vers l’HôE 1/14. L’Ambulance Alsacienne, si elle a reçu 28 blessés graves dès le 15 juin, n’a pas donné satisfaction. La tente sous laquelle les blessés sont installés ne les protège ni des 8 à 10 degrés de la nuit, ni des 34 à 35 degrés de la journée, et encore moins des très nombreuses mouches. Le personnel, et en particulier les Dames Alsaciennes (sous les ordres de madame de Loÿs-Chandieu), y a fait preuve d’un indéniable zèle. A la date du 21 juin, des blessés très graves y entrent encore malgré l’ordre contraire du médecin divisionnaire de la 66e DI.

Au Markstein, le poste de secours s’est avéré mal situé, et n’a vu passer que 58 blessés entre le 14 et le 19 juin.

A Bussang, l’Hôtel des Sources (ambulance 5/63) a reçu les blessés graves à opérer, mais également quelques blessés légers, qui ne lui étaient pas destinés.

En conclusion, aux dires du médecin divisionnaire de la 66e DI :

« les évacuations se sont faites avec beaucoup de régularité, sans heurt. Les blessés ont trouvé sur leur trajet des abris, ont été réconfortés et tous repansés aux ambulances de triage avant leur évacuation. »

Sur ce dernier point, un excès de zèle était même déploré le 22 juin à Bussang, où des blessés se plaignaient que leurs pansements aient été refaits jusqu’à trois fois depuis le début de leur prise en charge !

Les témoignages

Les témoignages laissés par des combattants de l’Hilsenfirst, et publiés, sont rares, et plus rares encore sont ceux des blessés. Aussi celui de Félicien Frenot, du 5e BCP, la main droite déchiquetée par une balle de mitrailleuse, le 20 juin, est-il d’autant plus précieux et riche d’enseignements :

« Je continue ma marche lente en descente et j’arrive dans un camp de brancardiers ; un seul reste, ils sont tous au front : donc rien à attendre pour m’aider, car je souffre et ma main est devenue énorme sous son sommaire pansement. L’infirmier me dit : suis ce chemin, tu trouveras une ambulance. Après une longue marche, j’arrive à la nuit : je suis sur les grands plateaux du Markstein. Dans cette ambulance, un vaste baraquement en planches est rempli de blessés couchés sur un peu de paille ; en entrant, je vois un infirmier et lui demande de me faire un pansement ; il est pressé, il faut attendre, et je m’écroule sur un tas de paille à l’entrée, je suis tellement épuisé que je n’entends plus rien. Au moins une demi-heure se passe ; l’infirmier me réveille et à deux ils m’emportent et me posent sur une table spéciale pour les blessés couchés et me demandent si c’est bien moi qui ai demandé un pansement : oui ! Aussitôt et avec de grandes précautions, me voyant couvert de sang, sur la capote et le pantalon, ils ont bien vu la gravité de la blessure. Le pansement n’était pas encore collé à la plaie et ils ont eu vite fini de me débarrasser de ce paquet sanguinolent plein de terre et de lambeaux de chair déchirée. C’est par une mitrailleuse, que j’ai dit. « Tu es bien arrangé : elle est perdue, ta main. » Ils m’ont versé un verre de teinture d’iode dessus, sans aucune douleur, et ensuite un pansement fait avec soin. « Une voiture va venir et tu iras à l’ambulance de Krüth : il y a là un major. » En route : deux mulets attelés à une charrette, deux brancards pour 2 couchés et 4 places pour assis. Je ne peux décrire la torture que j’ai subie pendant ce trajet de nuit, dans ce chemin en descente assez rapide, les mulets au trot pour arriver plus tôt ; ainsi cahoté et rien dans le ventre, pendant deux heures, je suis meurtri, harassé ; et en arrivant à l’ambulance, tout le monde dort ; on me met sur une couverture sur le plancher jusqu’au lendemain. Personne ne sait qui je suis ni d’où je viens, je n’ai pas été interrogé depuis mon départ, pas de papiers pour me suivre : des hommes ou des animaux, c’était à cette époque des grandes batailles la même chose qu’au temps de Napoléon à la Moskowa ! » (Chasseurs et Artilleurs dans un même combat pour vaincre. Le Linge et environs, 1914-1915 (extraits d’historiques et récits), Editions d’Alsace, 1986, pages 180-181).

Passé le surlendemain par l’Hôtel des Sources de Bussang, il prend ensuite la direction de Remiremont, avant de partir pour les hôpitaux de Lodève, puis Montpellier où il est réformé, estropié, en décembre 1915.

L’hôtel des sources

Le rôle joué par l’Hôtel des Sources de Bussang est primordial, puisque c’est là qu’ont convergé les malheureux dans l’état le plus grave. Les traces du calvaire des unités durement frappées au Langenfeldkopf et à l’Hilsenfirst s’y lisent dans la succession des décès. C’est ainsi que l’on y trouve :

  • au 7e BCA : Joseph Almaric (2e classe ; blessé le 14 juin, mort le 15 juin), Désiré Goudet (2e classe ; mort le 16 juin), Valentin Siaud (caporal ; blessé le 14 juin, mort le 20 juin), Paul Brémond (2e classe ; blessé le 14 juin, mort le 23 juin), François Vial (1re classe ; mort le 23 juin), Joseph Roux (2e classe ; blessé le 14 juin, mort le 24 juin), Eugène Bouis (2e classe ; blessé le 17 juin, mort le 2 juillet) ;
  • au 13e BCA : Léon Touveron (2e classe ; blessé le 17 juin, mort le 18 juin), Antoine Gacon (2e classe ; mort le 22 juin) ;
  • au 53e BCA : François Dinet (caporal ; blessé le 19 juin, mort le 24 juin) ;
  • au 5e BCP : Claude Busseuil (2e classe ; blessé le 18 juin, mort le 19 juin), Louis Delavaud (caporal ; blessé le 19 juin, mort le 19 juillet), Louis Millet (2e classe ; mort le 23 juin), Henri Meurer (sous-lieutenant ; blessé le 20 juin, mort le 25 juin), Louis Perrin (1re classe ; blessé le 21 juin, mort le 25 juin), Pierre Brière (2e classe ; blessé le 22 juin, mort le 30 juin), Camille Couty (caporal ; blessé le 21 juin, mort le 28 juin), Marc Daubié (2e classe ; mort le 27 juin), Antoine Berne (1re classe ; blessé le 28 juin, mort le 3 juillet), Albert Lambert (2e classe ; blessé le 1er juillet, mort le 9 juillet) ;
  • au 213e RI : Edmond Guilhien (2e classe ; blessé le 19 juin, mort le 26 juin), Joseph Ursat (2e classe ; blessé le 18 juin, mort le 1er juillet).

D’autres, fort heureusement, échapperont à la mort, tels le chef de bataillon Emile Hellé, du 7e BCA, blessé à la main et à l’avant-bras droits le 14 juin, et le capitaine Pierre Rémy, du 13e BCA, blessé le 15 juin, qui y sera amputé d’un pied.

Certains, cependant, n’ont pas même eu le temps d’atteindre Bussang, et sont morts à Krüth, tels Jean Guidon (caporal du 13e BCA, mort le 15 juin), Eugène Richard (2e classe du 13e BCA, mort le 15 juin), Jean Marcoux (2e classe du 13e BCA, mort le 18 juin à l’ambulance alpine 1/74), Michel Paquet (2e classe du 213e RI, blessé le 18 juin, mort le 20 juin), Jacques Reynaud (2e classe du 13e BCA, mort le 21 juin), Louis Chaignat (2e classe du 5e BCP, blessé le 1er juillet à l’Hilsenfirst, mort le 2 juillet).

Les essémés

Les combats de l’Hilsenfirst et du Langenfeldkopf essaimeront d’autres blessés et d’autres morts au gré des évacuations. Ainsi le médecin auxiliaire Pie Lattès, du 7e BCA, blessé à un pied, se retrouve-t-il à l’Hôpital Saint-Maurice d’Epinal ; le 2e classe Jacques Dossetto, du 7e BCA, blessé le 14 juin 1915 au Langenfeldkopf, sera évacué jusqu’à Gray, en Haute-Saône, où il mourra de ses blessures le 27 juin. Quant aux officiers, relativement nombreux seront ceux qui, au lieu de reposer sur les hauteurs jusqu’à la fin de la guerre, seront descendus dans la vallée de la Thur, à Moosch, Ranspach ou Husseren-Wesserling.

Un bilan des évacuations

Au final, concernant les évacuations effectuées par le service de santé de la 66e DI au terme de la première phase des combats du front Langenfeldkopf – Hilsenfirst du 13 juin au 1er juillet 1915, le médecin principal de 1re classe Bertin Capus écrit le 2 juillet :

« Les évacuations se font dans de bonnes conditions. Cependant, une partie du trajet entre les postes de secours et Oberlauchen pourrait se faire par brouettes porte-brancards en empruntant la route basse avec quelques légères améliorations. L’utilisation de ce moyen de transport rendrait la tâche des brancardiers moins fatigante en supprimant le transport à bras si pénible. »

Sur les pentes du Langenfeldkopf, où vient de s’installer le poste de secours du 15e BCP, ce bataillon a mis en place 4 tentes Marabout, un abri tôlé et un abri contre le bombardement, le tout restant très exposé puisque 12 hommes viennent d’y être frappés par un tir d’artillerie (4 tués, 8 blessés).

Au Camp Brun, à Klinzrunz, le poste de recueil dispose d’une tente Marabout et d’un abri contre le bombardement. De Klinzrunz à Oberlauchen, l’évacuation des blessés, à pied, prend 1 heure 15.

A Oberlauchen, les hommes du GBD n’ont cessé d’être très actifs ; entre le 1er juillet à 16 heures et le 2 juillet à 14 heures, ce sont encore 111 blessés qui sont passés par là, la plupart touchés par des éclats d’obus.

Au Treh, où le personnel a été numériquement réduit, étant passé de deux médecins à un seul, assisté d’un caporal et 5 infirmiers, le relai est toujours très actif, avec le passage de 60 blessés en une matinée.

Le Treh, mai 1917

A Krüth, l’Hôpital Mobile Alsacien (anciennement « Ambulance Alsacienne ») n’a jamais donné satisfaction, tant dans son installation que dans son fonctionnement. Il sera finalement déplacé à Saint-Amarin, sur un ordre du 10 juillet. L’ambulance alpine 1/74, qui faisait le triage, montera au Treh le 18 juillet.

A Fellering a stationné l’ambulance alpine 2/64 qui est restée inemployée.

A Ranspach, l’ambulance 2/58, dont la majeure partie du personnel était déployée dans des relais de montagne, remplacera à Krüth l’ambulance alpine 1/74, le 17 juillet.

A Bussang, à l’Hôtel des Sources, le service a toujours été de haute tenue ; cependant, devant l’afflux de blessés, une tension a été mise à jour, relative à l’occupation du nombre de lits disponibles, qui gagnerait à être augmenté. C’est avec distinction qu’y ont œuvré la générale Hervé, madame de Beaulieu, Louise de Seraincourt, Ita d’Ornellas, et madame Lumière.

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