prisonniersfrancais22juin1915

Il y a cent ans, le 22 juin 1915, les Allemands profitent de l’absence du 133e RI, engagé à Metzeral, pour enlever la tête de la Fontenelle, dans les Vosges, après un bombardement intense.

Ce matin là, trois formidables explosions de mines pulvérisent 50 m de tranchées de 1re ligne française. En même temps, un coup de main allemand met le feu à la casemate du sommet. L’artillerie allemande pilonne les positions françaises en fin d’après midi et douze mille obus de 77, de 100, de 105, de 150 et de 210 tombent sur la position. Dans la foulée, deux bataillons d’infanterie renforcés par deux sections de pionniers passent à l’assaut. Ils bousculent les troupes françaises et s’emparent de quatre des cinq lignes de tranchées françaises de la Fontenelle. La côte 627 et le village de Lanois sont aux mains des Allemands.

Le 23 juin 1915, la contre-attaque française échoue face au violent tir de barrage de l’artillerie allemande. En deux jours, 1 200 officiers et soldats français sont mis hors de combat, 280 sont faits prisonniers. Les Allemands perdent 200 hommes.

Rapidement, des troupes françaises sont rapatriés, dont le 1er bataillon du 133e RI, qui vient de s’illustrer sur la cote 830. Ils réussiront à reprendre la position le 8 et 9 juillet 1915. Le commandant Barberot – le fortificateur de La Fontenelle – ne sera pas de la partie. Il sera nommé entre-temps à la tête du 5e bataillon de chasseurs à pied, dont il rejoint les débris à l’Hilsenfirst, là où d’autres combats font toujours rage.

Le 4 et 5 juillet 2015, le centenaire de cette bataille sera célébré à la nécropole de La Fontenelle et à Saint-Jean d’Ormont. Nombre de descendants des soldats ayant participé à ces combats – notamment ceux du 133e RI –  seront présents.

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2 commentaires

  1. Philippe van Mastrigt

    Bonjour monsieur,
    lors du premier conflit mondial, votre père a servi au 133e régiment d’infanterie de Belley. Il appartenait probablement au 1er ou 2e bataillon, car seules ces deux compagnies ont été engagées à Metzeral. Le 1er bataillon était celui commandé par mon grand-oncle, le commandant Barberot. Ces deux bataillons avaient participé à la campagne d’Alsace en Août 1914, puis les combats très durs au col des Journaux début septembre. Leur régiment avaient ensuite été engagé au niveau de la cote 627, à La Fontenelle (Vosges, commune de Ban de Sapt), dans des combats très durs notamment au mois de février et mars 1915. En juin 1915, deux bataillons sont détachés pour être engagés dans l’offensive française de la vallée de la Fecht. Ils s’illustrent le 15 juin 1915 en prenant en quelques minutes l’imprenable cote 830. Pendant leur absence, la cote 627 qu’ils défendaient et qu’ils avaient confiée au régiment soeur, le 23e RI, est attaquée et quasi prise par les allemands le 22 juin. Les bataillons sont alors rappelés et vont engager la reconquête le 8 juillet 1915, et repousser définitivement les allemands le 24 juillet. Le régiment est cité à l’ordre de l’armée et reçoit le surnom de « lions du Bugey ». Les combattants « survivants » vont recevoir le cadre signé auquel vous faites mention. Le lieutenant colonel Pierret, président de l’amicale des anciens du 133e RI, détient le même d’un grand-oncle.
    Si vous souhaitez connaître tout le parcours du régiment de votre père, l’historique du 133e RI est disponible sur Gallica ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6452398x.r=Historique%20du%20133e%20r%C3%A9giment%20d%27infanterie
    Le Journal de marche du régiment donne aussi de nombreux détails. Vous pouvez le trouver ici :
    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=3&ref=6&le_id=1111
    Plusieurs ouvrages racontent les combats du régiment. Outre le mien consacré au commandant, il y a aussi le récit du lieutenant Vuillermet, qui appartenait au 2e bataillon.
    J’espère que ces éléments vous donnent de premières pistes. Je serais heureux de publier sur ce blog un parcours plus détaillé de votre père.
    Bien à vous
    Philippe van Mastrigt

  2. Avatar

    Bonjour,
    Mon père Mr. RIGAUD Alphonse né en 1893 est décédé en 1986. Lors d’une succession familiale l’on m’a remis des documents attestant de sa participation au conflit 14/18 dont notamment un cadre signé du lieutenant colonel BAUDRAND commandant le 133 RI précisant que le soldat RIGAUD Alphonse était présent à Metzeral en Juin 1915 et à la Fontenelle en juillet de la même année. Lorsque j’étais enfant il arrivait à mon père d’évoquer ces durs combats des Vosges mais également de la Marne et de la somme. C’est bien des années plus tard que j’ai pris conscience de toutes ces souffrances endurées par ces « Poilus » et en ce qui concerne mon père ce dernier a été mobilisé une nouvelle fois en 39 . Ma question est la suivante: Serait-il possible de connaître avec plus de détails ce qui est arrivé à cet homme pendant toutes ces années de guerres et qu’elles sont les voies pour y parvenir ? Je précise que je détiens des courriers écris de sa mains en provenance de camps de prisonniers en Allemagne. Autres précisions, mon père parlait assez peu sur ces périodes de guerre si ce n’est pour exprimer une réelle haine des Allemands qu’il appelait » les boches ». Je vous remercie par avance de bien vouloir m’informer des démarches à effectuer afin d’imaginer ce passé et mieux comprendre notre présent.
    Respectueusement

    Raoul RIGAUD

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